Depuis l’automne 2006, la Polytechnique offre le certificat en cyberenquête, un programme de 30 crédits développé par un policier de la Sûreté du Québec, Gervais Ouellet, qui en est aussi le coordonnateur. «J’ai commencé en 1997 à m’intéresser au monde de l’informatique et j’ai constaté au fil des années que lorsque je recrutais des policiers pour travailler en cybercriminalité, ils avaient peu de connaissances en fouilles informatiques», raconte M. Ouellet.
Le certificat en cyberenquête permet d’acquérir des bases sur la psychologie des cybercriminels, les méthodes de recherche sur l’internet, les problématiques de sécurité et les mesures de protection des applications eweb, etc. Après, il est possible pour le détenteur du certificat de se joindre à certaines entreprises pour débusquer les fraudeurs ou les pirates, par exemple.
Branchés sur la réalité
Puisque tout évolue rapidement dans le cyberespace, les professeurs qui enseignent au certificat sont tous actifs dans ce milieu. Par exemple, le cours de Psychopathologie de la cybercriminalité est dispensé par un psychologue spécialisé dans le traitement des internautes, et l’avocat qui enseigne le cours Cybercriminalité, enquête policière et droit travaille en droit informatique au sein du gouvernement du Canada. «L’apprentissage se fait aussi beaucoup par la pratique, par des exercices tirés de cas réels et par des travaux d’équipe», précise M. Ouellet.
Croissance exponentielle
En à peine trois ans, et seulement grâce au bouche-à-oreille, le nombre d’étudiants est passé de 30 à 100. Les policiers forment environ 40 % du corps étudiant. Le reste est issu de différents milieux comme les entreprises financières et les gouvernements. Même des avocats et des journalistes se glissent parmi les étudiants pour étoffer leurs méthodes de recherche sur le web, précise M. Ouellet. La moyenne d’âge des apprentis cyberenquêteurs oscille entre 25 et 30 ans.
Et, question d’être dans l’air du temps, les cours peuvent être suivis sur le web. «On a des étudiants de Beauceville, de Gaspé, de partout au Québec. Ils peuvent écouter le cours en temps réel et poser des questions au professeur par webcam. Ils ont sept jours pour réécouter le cours si jamais ils le ratent», explique M. Ouellet.
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