A12 h 30 aujourd’hui, la plaisanterie sera finie. En tout cas pour les quatre parlementaires socialistes, rejoints hier par leurs deux collègues communistes de la commission Copé, puisqu’ils l’auront quittée. A trois semaines du rapport final de la commission, ils jettent l’éponge. Le refus présidentiel d’augmenter - même de façon minime - la redevance, la semaine dernière les a décidés. Les gentils cadeaux aux chaînes privées qui ne cessent de pleuvoir depuis ont fini de les conforter : «Le bilan est désastreux, même si je n’avais pas beaucoup d’illusions au départ», déplore le sénateur PC Jack Ralite. «La France n’a tout simplement pas les moyens de se payer une télévision publique sans publicité» : telle est la conclusion un poil dépitée du député PS Didier Mathus, dans un mail d’adieu envoyé à ses ex-codétenus.
Déclarations ambiguës. C’est bien là le cœur du problème depuis le début : comment financer cette jolie idée d’un service public sans pub ? Taxe sur les fournisseurs d’accès à Internet et les opérateurs télécoms et aussi sur les recettes pub des chaînes privées, dit Nicolas Sarkozy le 8 janvier. On aurait pu en rester là. Mais non. Pour donner un semblant démocratique à l’annonce impromptue du Président, l’Elysée, met en place, en février, une commission ad hoc, avec, à sa tête Jean-François Copé. Lequel est formel, il n’y aura «pas de rapport à l’eau tiède», la commission sera «ouverte à tous», et il y aura «une totale transparence». Cool. Super cool même.
Seulement les semaines passent, la commission composée de parlementaires et de professionnels de l’audiovisuel auditionne et rien ne se passe. Ou presque rien : l’annonce que la pub sera supprimée après 20 heures comme papa Sarko l’avait préconisé. Puis vient un rapport d’étape, d’un flou pour le moins artistique. Mais quand arrivent les choses sérieuses et l’annonce d’une réorganisation de France Télévisions début mai, les choses se gâtent : le serpent de mer de la fusion des rédactions ressurgit, alimenté par les déclarations ambiguës de Copé.
A France Télévisions aujourd’hui, c’est la consternation. Ceux qui ont croisé ses dirigeants décrivent des hommes «en colère». En octobre, au MIP, Patrice Duhamel demandait «l’égalité des chances» avec le privé. C’est raté. Côté syndicats, c’est l’abattement, même si on prépare activement la journée d’action du 18 juin. La CGT demande «solennellement un moratoire sur la suppression de la publicité». Au sein de l’intersyndicale, Carole Petit (SNJ) se sent «piégée» : «Ça va forcément finir par des coupes sombres. C’est très pervers d’être passé par la suppression de la pub, qui est une belle idée.»
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