A croire qu'ils l'auraient préférée exsangue. Appelés sur les sites d'information à commenter la libération d'Ingrid Betancourt, nombre d'internautes se réjouissent sans réserve, d'autres marquent leur scepticisme, leur exaspération, voire une franche hostilité. Sur le Web, ces réactions négatives sont devenues majoritaires au fil des jours et des directs à la télévision.
Premier objet de cette colère, ce qu'un lecteur de LEXPRESS.fr appelle le "matraquage médiatique" ne passe pas. On soupçonne une "manipulation". On dénonce le "show hollywoodien". On se demande pourquoi les autorités et les journalistes accordent à l'ex-otage une telle attention alors que des
"centaines de Français" (!) seraient également retenus à l'étranger. La réponse, en forme de point d'interrogation: "Si elle n'était pas fille de diplomate, ex-femme de diplomate, amie de Chirac et de Villepin, l'Etat se serait-il donné autant de mal?" Pendant ce temps-là, personne n'aide le Français moyen à "mettre de l'essence dans sa voiture". Pis, le "contribuable" va devoir "régler la note" des différentes opérations diplomatiques et militaires, des agapes et, ce qui choque le plus, de l'Airbus diligenté par Nicolas Sarkozy à Bogota pour rapatrier Betancourt.17
Soupçonné de récupération, le chef de l'Etat n'est pas épargné. Dans l'ombre du "grandiose spectacle", n'en profitera-t-il pas ensuite pour "faire passer ses lois"? Plus étonnantes, souvent blessantes, les attaques contre Ingrid Betancourt elle-même: trop bavarde, trop en forme après six ans et demi de captivité, pas tout à fait française, divorcée mais évoquant Dieu, elle a "cherché et trouvé les ennuis" en se jetant dans la "gueule du loup des Farc". Certains de ces commentaires sont odieux. Ils reflètent une réalité que les "élites", unanimes à célébrer le happy end, ne peuvent ignorer.
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