Le 3e forum international sur la cybercriminalité s'ouvre ce matin au Grand Palais de Lille devant un millier de participants.
A l'initiative de la gendarmerie, des experts nationaux et internationaux vont débattre des défis de la cybercriminalité. Dans la Marne, les deux gendarmes de la section de recherches formés aux nouvelles technologies ont essentiellement un rôle de soutien.
Ils apportent un appui technologique et logistique dans les enquêtes en matière de cybercriminalité.
Côté gendarmerie, on trouve deux militaires « N-tech », entendez par là nouvelles technologies, au sein de la Section de recherches de Reims. « Le premier N-Tech a intégré la SR en 2003, renforcé depuis par un second militaire », explique le commandant Frottier, patron de la section de recherches de Reims.
Des gendarmes comme les autres, ou presque… « Ils sont officiers de police judiciaire au même titre que les 31 gendarmes de la SR mais avec une spécificité ». S'ils sont formés aux nouvelles technologies, les gendarmes N-tech sont, en règle générale, des autodidactes. C'est le cas de nos deux spécialistes marnais, deux adjudants qui préfèrent taire leur nom « pour des raisons de sécurité évidentes ».
« Les nouvelles technologies évoluent très vite, il est indispensable de nous tenir au courant des avancées dans ce domaine ». L'informatique ? Une passion pour ces deux militaires, qui dépasse souvent le cadre professionnel. « C'est indispensable ! »
Leur arme ? Un ordinateur essentiellement. L'un des deux gendarmes de rappeler : « La cybercriminalité, c'est en fait l'ensemble des délits et infractions susceptibles d'être réalisés ou favorisés par l'usage de technologie internet ».
Contrefaçons. Images pédophiles. Intrusions informatiques. Créations de virus. Autant de secteur d'activités en recrudescence sur le web mais qui pour nos deux N-tech ne constituent que la partie visible de leurs missions. Pas question pour eux de faire cavaliers seuls !
« Nous apportons avant tout un renfort et un soutien technologiques dans les enquêtes menées par la section de recherches », précise l'un des deux sous-officiers, quitte à casser le mythe du gendarme travaillant en solo, à l'affût des pervers sexuels qui œuvrent via la toile.
Bien sûr, ils ont déjà été confrontés aux « happy slapping », ces bagarres que l'on filme à l'aide de son téléphone portable mais eux, leur cheval de bataille, ce serait plutôt l'escroquerie. « Celle pratiquée au quotidien, notamment sur des sites de ventes/achats type eBay ».
Il y a quelques années encore, le téléchargement illicite représentait la cible privilégiée des enquêteurs. Ce n'est plus vraiment le cas aujourd'hui. Pas question de divulguer un secret d'Etat mais force est de constater que « les nouvelles technologies évoluent tellement vite que la délinquance, la vraie ne se situe plus vraiment à ce niveau », confie l'un des deux spécialistes sans pourtant relâcher la garde. « Ce sont les particuliers qui pratiquent le téléchargement illicite et en règle générale, ils savent ce qu'ils risquent en terme d'amende. Non, ceux que nous visons, ce sont, par exemple, ces braqueurs de banque qui ne peuvent plus agir sur le terrain et qui utilisent Internet pour leurs escroqueries ».
Un exemple. « Ils créent des virus informatiques qu'ils menacent d'envoyer dans une entreprise via le Net sous prétexte de soutirer de l'argent au chef d'entreprise qui risque de voir celle-ci disparaître si un virus détruit ces données informatiques ». Une technique qui n'aurait pas encore été pratiquée dans la Marne. « Sauf si le patron a payé pour ne pas avoir à porter plainte ».
Du coup, à Reims ces hommes de la SR ont fait de la surveillance, leur mission au quotidien. Une veille informatique pas toujours facile à mettre en place. « Elle ne constitue pas l'essentielle de notre mission ».
Corinne Lange
© 2008 - Lesrobinsduweb.org - Tous droits réservés - Crédits