
Définition :
« Utilisation d’internet afin de communiquer avec des jeunes d’âge mineur et de les attirer hors de chez eux, dans un but sexuel, pornographique ou criminel ».
Les pédophiles du web
Les cyberprédateurs sont les nouveaux pédophiles qui sévissent sur la toile. Autrefois présents à la sortie des écoles ou dans les parcs, ils profitent désormais des avantages d’internet en termes de communication pour faire de nouvelles victimes. En règle générale, ils se cachent derrière de faux pseudos et œuvrent dans les chats ou les forums de discussions où ils se font souvent passer pour des enfants. Faisant mine de « chercher de nouveaux amis », ils créent un lien avec leur cible qu’ils manipulent afin de l’isoler dans un seul but : passer de la rencontre virtuelle à la rencontre réelle.
Mode opératoire des cyberprédateurs
Les cyberprédateurs travaillent méthodiquement en prenant leur temps pour gagner la confiance de leur victime. Ils séduisent peu à peu l’enfant en lui témoignant beaucoup d’affection. Confiant et sous emprise, ce dernier dévoile au fil des discussions de précieux renseignements sur sa vie intime. Le pédophile pourra se servir de ces informations pour contraindre l’enfant à lui céder, en le menaçant par exemple de tout révéler. Tandis que d’autres useront de leur relation privilégiée avec un enfant instable et fragile qui se laissera plus facilement convaincre de rencontrer celui avec qui il discute depuis des mois, celui qu’il considère comme son confident et « ami ».
Sylvia Breger, criminologue, explique : « Ces cyberagresseurs sont beaucoup trop malins pour s’attaquer à l’enfant immédiatement. Ils prennent leur temps, six mois, un an, pour tenter de toucher leur cible ». Leur stratégie consiste à « s’introduire dans le psychisme de l’enfant. Ils connaissent sur le bout des doigts la culture ado, les clips, la musique qu’ils écoutent… Ils conversent en SMS, n’ont donc aucun de mal à se faire passer pour un pair ».
Les victimes
Le caractère anonyme d’Internet joue en faveur des cyberprédateurs puisqu’il leur permet d’approcher les enfants dans un climat de confiance. Internet est ainsi le nouveau « terrain de chasse » des pédophiles, eux-mêmes pris dans l’engrenage. Une étude récente a montré qu’un enfant âgé de 9 à 16 ans sur dix, ayant rencontré une personne connue sur internet est victime d’une tentative d’agression physique par un adulte. D’une manière générale, un enfant sur cinq se fait approcher par un cyberprédateur. Toutefois, certains sont plus prédestinés que d’autres à se faire piéger par un internaute malintentionné. Il s’agit des enfants qui souffrent d’isolement ou qui manquent d’attention ou d’affection. Ces derniers trouveront via internet le moyen de compenser ce manque et de rompre leur solitude en discutant avec différents contacts. Mais parmi toutes ces relations se cache peut-être une personne dangereuse. De plus, les chats et les forums de discussion ne sont pas les seules voies d’accès aux mineurs, car la multiplication des blogs offrent aux cyberprédateurs une source d’informations sur le profil et les habitudes de leur cible éventuelle.
Internet et les mineurs
Les jeunes entretiennent une relation étroite avec Internet. Près de 60% des 13-17 ans sont des internautes assidus. Cette relation commence très tôt. Les enfants sont équipés de micro-ordinateurs dès l’entrée au collège face à des parents qui voient dans l’outil informatique le gage d’une meilleure réussite scolaire. Les enfants sont ainsi plongés dans l’univers d’internet qu’ils côtoient quasiment tous les jours. Ils pensent maîtriser cet outil de communication, qui peut vite s’avérer dangereux sans précautions, et n’ont pas conscience qu’ils sont vulnérables derrière leurs claviers. Un tiers des jeunes internautes âgés entre 9 et 17 ans se connecte dans une pièce isolée (chambre, bureau, etc.). En naviguant seul, un enfant peut très vite dériver sur des sites pornographiques ou pédophiles, à des contenus ou des propos choquants, et parfois se voir demander des photos, des vidéos, ou encore d’exécuter certains actes à connotation sexuelle.
Que faire pour protéger ses enfants ?
Les parents sont de plus en plus inquiets quant à la sécurité de leurs enfants sur internet. Il convient de mener une campagne de prévention en vue de limiter les dérives. Les enfants doivent donc être informés très tôt des risques de la navigation sur internet afin qu’ils puissent reconnaître et éviter les pièges tendus par les cyberprédateurs. D’autre part, les parents se doivent d’entretenir le dialogue avec leurs enfants en leur dictant les bonnes règles de conduite à avoir sur internet, telles que ne jamais divulguer des informations relatives à sa vie privée, ne jamais diffuser de vidéos ou de photos, ou encore ne jamais se rendre à un rendez-vous fixé par un internaute rencontré sur un chat. En fin de compte, il s’agit de surveiller la navigation de ses enfants, chose importante à faire car 72% des parents ignorent ce que fait leur progéniture sur Internet. Certains logiciels de contrôle peuvent également vous aider, d’autant que depuis le 1 avril 2006 les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) proposent tous un logiciel gratuit répondant au cahier des charges validé par le ministère de la Famille. Mais sachez toutefois qu’ils ne sont pas fiables à 100%.
La loi au regard de la pédophilie sur internet
Corruption d’un mineur
Selon l’article 227-22 du Code pénal, condamne « le fait de favoriser ou de tenter de favoriser la corruption d’un mineur » à cinq ans d’emprisonnement et à 75 000 euros d’amende. Certaines peines sont étendues à sept ans d’emprisonnement et à 100 000 euros d’amende, lorsque le mineur est âgé de moins de quinze ans ou lorsqu’il « a été mis en contact avec l’auteur des faits grâce à l’utilisation, pour la diffusion de messages à destination d’un public non déterminé, d’un réseau de télécommunications, ou que les faits sont commis à l’intérieur d’un établissement scolaire ou éducatif ou, à l’occasion des entrées ou des sorties des élèves, aux abords d’un tel établissement ».
Pornographie mettant en scène un mineur
Selon l’article 227-23 du Code pénal :
« Le fait, en vue de sa diffusion, de fixer, d'enregistrer ou de transmettre l'image ou la représentation d'un mineur lorsque cette image ou cette représentation présente un caractère pornographique » est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.
« Le fait de diffuser une telle image ou représentation, par quelque moyen que ce soit, de l'importer ou de l'exporter, de la faire importer ou de la faire exporter », est puni des mêmes peines.
Les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 75 000 euros d'amende lorsqu'il a été utilisé un réseau de télécommunications pour la diffusion de l'image ou de la représentation du mineur à destination d'un public non déterminé.
Fabrication, transfert ou diffusion d’un contenu à caractère violent ou pornographique
En France, plus d’un mineur sur trois a été confronté involontairement à un contenu choquant (violence, pornographie) sur Internet. Le délit d’outrage aux bonnes mœurs est condamné dans l’article 227-24 du Code pénal, dont le premier alinéa réprime « le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine, soit de faire commerce d’un tel message, dès lors que ce message est susceptible d’être vu ou perçu par un mineur » sous peine de trois ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.
Le fait de faire commerce d’un tel message est puni de 75 000 euros d’amende et de trois ans d’emprisonnement.
Recel d’images de pornographie infantile
Selon l’article 321-1 du Code pénal :
« Le recel est le fait de dissimuler, de détenir ou de transmettre une chose, ou de faire office d'intermédiaire afin de la transmettre, en sachant que cette chose provient d'un crime ou d'un délit. Constitue également un recel le fait, en connaissance de cause, de bénéficier, par tout moyen, du produit d'un crime ou d'un délit. Le recel est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende ».
Le recel est puni de dix ans d’emprisonnement et de 750 000 euros d’amende lorsqu’il est commis de façon habituelle ou en utilisant les facilités que procure l’exercice d’une activité professionnelle, ou lorsqu’il est commis en bande organisée.
Au niveau international…
Eurojust, l’organisation qui a pour but de coordonner la collaboration entre les parquets des pays membres de l’Union Européenne (UE), a mené une enquête afin de détecter les internautes malveillants qui se connectent sur des sites pédophiles via leur ordinateur personnel. A l’aide du logiciel « Hispalis » qui peut identifier les noms et les adresses des personnes impliquées au sein de l’UE, Eurojust a lancé une opération internationale contre la pédophilie sur internet, contribuant ainsi à combattre la criminalité transfrontalière.
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