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Le peer to peer

peer to peer
Le téléchargement ou peer to peer
Le 23/05/08 par Les Robins du Web

I) Qu’est-ce que le Peer to Peer

1.1.  Comment ça marche ?


Le peer to peer (p2p), que l’on peut traduire par pair-à-pair, est un ensemble de techniques permettant de mettre en place un système d’échange de données avec plusieurs utilisateurs entre eux.
L’avantage d’un système dit « peer-to-peer » est d’être un réseau sans aucune hiérarchie entre les utilisateurs, puisqu’il n’y a plus besoin d’un ou de plusieurs serveurs disposant d’une bande passante coûteuse pour centraliser et mettre à disposition des fichiers. Les échanges passent directement d’un ordinateur à l’autre. Malheureusement, bien que le peer-to-peer soit un outil assez exceptionnel de part ses coûts de mise en service bien inférieurs à un véritable serveur, mais également par sa grande simplicité d’utilisation, il est trop vite assimilé avec le piratage et l’illégalité. Inutile de mentir ou de se voiler la face puisqu’il est possible de trouver toutes sortes de contenus illégaux : musique, films, vidéo, logiciels, système d’exploitation, etc.

1.2.  Historique

Le premier système pair-à-pair apparut en juin 1999 : Napster permettait à des utilisateurs de partager des fichiers musicaux au format MP3, une liste des fichiers disponibles sur le réseau étant mise à disposition grâce à un serveur. Chacun pouvait ainsi rechercher puis récupérer des fichiers. Seule la récupération d'objet était donc décentralisée.
En mars 2000 est arrivé Gnutella. Premier système pair-à-pair totalement décentralisé, il permettait en effet la recherche et la récupération d'objets sans nécessiter de serveur. Le premier logiciel permettant son utilisation servait aussi au partage de fichier (sans être limité aux fichiers musicaux).
Toutefois, la diffusion de ces fichiers était souvent soumise à paiement de taxes (droits d'auteurs en général), qui n'étaient pas payés avec les systèmes pair-à-pair. Les tentatives des sociétés de production et de distribution pour interdire ou détruire ces systèmes pair-à-pair furent un moteur important de l'évolution de ces systèmes.

II) La problématique posée par le P2P

2.1. L’accès à tout types de médias
Depuis plusieurs années, tout internaute doté d'une connexion avec une bande passante suffisante peut récupérer des médias depuis Internet. Les internautes utilisent généralement le contenu téléchargé pour leur usage personnel (d'où la référence fréquente au droit à la copie privée, dont la définition juridique est néanmoins assez restrictive), d'autres téléchargent à des fins commerciales.
Les principales maisons de productions du disque ou du cinéma (appelées également majors, terme anglo-saxon) et les distributeurs n'étaient pas préparés à un accès si facile aux fichiers et aux contenus. La récupération de ces fichiers étant devenue banale, ces sociétés peinent maintenant à faire valoir leurs droits. Les téléchargeurs de fichiers sous droits d'auteurs invoquent le prix trop élevé des produits commercialisés (musiques ou films) et des canaux de distribution trop vieux.
Géographiquement, si les systèmes pair-à-pair sont accessibles partout où Internet est disponible, les utilisateurs viennent majoritairement des pays développés. Les réseaux ont tendance à s'organiser géographiquement, c'est-à-dire que les habitants de chaque pays se regroupent pour échanger des fichiers dans leur langue (pour les films) ou concernant leurs artistes (pour la musique) par exemple.


  2.2. Les médias téléchargés

Une étude de 2004 sur le système pair-à-pair eDonkey2000 [1] montre qu'en terme de nombre de fichiers échangés, le premier média est la musique, en représentant à peu près la moitié des fichiers disponibles, tandis que les vidéos représentent approximativement 15%. Le format le plus diffusé est le MP3, d'autres formats propriétaires (WMA, RealMedia, etc.) ou formats libres (Ogg, etc.) étant présents.
En terme de quantité de données échangées, ce sont les fichiers vidéos qui se retrouvent les plus importants, représentant deux tiers de l'information accessible, reléguant les fichiers audio à 15% de la place prise par les fichiers dans le réseau. Les fichiers échangés peuvent aussi être des archives, des logiciels, des images ou des documents.
De manière générale, une corrélation existe entre l'apparition des systèmes de partage de fichiers pair-à-pair et l'apparition de nouveaux formats de fichiers numériques.


 2.3. Le public concerné

tilisateurs de P2P aux Etats-Unis
(Base 12 ans et plus, décembre 2002)
12-24 ans 55 %
25-34 ans 20 %
35-54 ans 21 %
55 ans et plus 4 %
Source : Ipsos-Reid

Utilisateurs de P2P en Europe

(Base 15 ans et plus, décembre 2002)
15-24 ans 41 %
25-34 ans 28 %
35-54 ans 26%
55 ans et plus 4 %
Source : Jupiter Research

III) Les raisons du succès du P2P :


3.1. Aspects sociologiques


L’augmentation des débits, la baisse des prix continue des offres des fournisseurs d’accès, des ordinateurs et des périphériques (multimédia, gravure, capacité de stockage en hausse) sont les facteurs technologiques et commerciaux qui permettent l’émergence en juin 1999 du premier logiciel utilisé à grande échelle : Napster. S’il est au départ créé dans une autre optique (son créateur, Shawn Fanning, un jeune étudiant américain de 18 ans, souhaitait pouvoir facilement échanger de la musique avec ses amis), il devient rapidement dédié au téléchargement de médias au format MP3 sur Internet en s'appuyant sur un moteur de recherche centralisé permettant le téléchargement de fichiers sans passer par ce serveur[3]. Dès la première semaine, 15 000 personnes ont téléchargé le logiciel, puis 23 millions en juillet 2000.

 3.2. Aspects techniques

La facilité d’utilisation de Napster (téléchargement / envoi / recherche de titres) et le fait qu’il ne soit pas réservé à des spécialistes lui assurent un succès rapide. L’augmentation fulgurante du nombre d’utilisateurs provoque une augmentation aussi considérable du nombre de chansons disponibles. Dès lors, le téléchargement "illégal" fait partie intégrante du phénomène Internet et les logiciels pair-à-pair deviennent les nouvelles applications à la mode.
Toutefois la « disponibilité temporelle » est encore faible, l'abonnement illimité n'ayant pas encore été créé, beaucoup d'utilisateurs payaient encore leur connexion Internet à la minute, ils ne laissent donc pas leur ordinateur personnel connecté en permanence, et ferment Napster dès qu’ils surfent (le débit est encore trop faible pour permettre d'utiliser les deux applications simultanément). Le comportement des utilisateurs est donc défini par des facteurs technologiques et financiers. Si à ce moment-là, techniquement le téléchargement de médias est performant dans les entreprises et universités, ce sont les foyers qui en sont les consommateurs et acteurs. Il y a décalage entre la technique et l’utilisation.
À cette époque, on assiste à l’émergence d’un comportement nouveau des internautes qui va une fois de plus renforcer le téléchargement : le commerce illégal de CD gravés (les graveurs sont disponibles, mais les médias vierges et graveurs demeurent chers) qui par l’attrait du gain de la vente suscite un engouement pour la pratique et pousse de plus en plus d’utilisateurs à utiliser Napster et à s’équiper.

  IV)    La loi concernant le P2P :

4.1. La loi DADVSI


Votée en mars 2006, Le texte légalise les systèmes de protection et de contrôle des oeuvres numériques en précisant que leur rôle est d'empêcher ou de limiter les utilisations non autorisées.  D'abord, l'utilisateur d'un logiciel destiné à contourner les droits de propriété s'expose à une amende de 750 euros. A un niveau supérieur, la loi prévoit d'infliger une contravention de 3.750 euros aux particuliers ayant décrypté ces techniques de protection. Enfin, le fournisseur éventuel de moyens de contournement est passible de 30.000 euros d'amende et de six mois de prison.
La loi DADVSI rend donc  illégal le téléchargement et la diffusion d'oeuvres protégées, en prévoyant toutefois des sanctions allégées par rapport au projet initial. Le système de sanctions graduées distingue le téléchargement pour usage personnel, passible de 38 euros en cas de flagrant délit, de la mise à disposition sur Internet qui coûterait 150 euros au coupable. En revanche, comme dans le cas des fichiers sujets aux droits de propriété, la loi réserve les plus lourdes amendes à ceux qui fournissent les solutions techniques. Les éditeurs de logiciels d'échanges risquent ainsi trois ans d'emprisonnement et 300.000 euros d'amende. Une disposition de la loi impose aux fournisseurs d'accès d'informer leurs abonnés des risques encourus.

  4.2. Le plan Alliot-Marie

Ce plan expose une dizaine de mesures pour la facilitation de la géolocalisation par IP (l’adresse « électronique » de la connexion)  à la possibilité pour un juge d'ordonner une perquisition à distance. Ce plan considère l'usurpation d'identité sur Internet comme un délit, passible alors d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende.
 Ce plan de lutte contre la cybercriminalité et le piratage renforce la pression sur les FAI (Fournisseurs d’Accès à Internet) puisque c’est à eux qu’incombe le devoir de prévenir les abonnés des risques du piratage.

  4.3. Difficultés de mise en œuvre

 Ces projets sont difficiles à mettre en œuvre puisqu’il est très compliqué de surprendre l’internaute en flagrant délit de piratage, dans la mesure où cela se ferait via une surveillance de sa connexion pendant quelques temps : cela pose le problème de l’atteinte à la vie privée.
 Une des  solutions serait de lutter le piratage par le piratage, en installant des spybot (logiciels espions) sur les ordinateurs de pirates présumés, mais cela pourrait vite devenir de l’atteinte à la vie privée. Ces méthodes sont utilisées dans certains pays dans le monde, notamment la Chine et la Birmanie, mais dans des objectifs différents (politiques essentiellement).

V) Vers un P3P ?

Une nouvelle génération est née : le P2P privé, chiffré et anonyme, baptisé abusivement P3P pour Peer-To-Peer de 3ème génération, en corrélation avec l'avènement de la 3G dans la téléphonie mobile. Les réseaux d'ami à ami font partie de cette nouvelle génération.
On trouve dans cette catégorie ANTs, Alliance, Share, WASTE, Freenet, GNUnet, Mute, Grouper, TribalWeb, etc. Jusqu'en 2006, ces systèmes étaient peu usités par les adeptes du pair-à-pair, mais leur utilisation augmente, les internautes cherchant de nouveaux moyens de télécharger sans risquer de poursuites.
Cet engouement à entraîné une simplification de l'interface de ces logiciels, de plus en plus faciles à utiliser. Leur fonctionnement devient aussi simple qu'avec eMule. De nombreux forums de sites tels que Ratiatum ou Clubic soutiennent cette expansion en promouvant ces logiciels ainsi qu'en apportant un soutien communautaire.
Quant aux logiciels autrefois attaqués en justice, ils se reconvertissent dans la vente légale de musique sur Internet (Napster, KaZaA), ce qui leur réussit très mal.
Les internautes sont parvenus à pirater ces versions afin de pouvoir continuer à télécharger, sur des systèmes a priori plus légitimes.
Les maisons de disques les plus importantes ont longtemps accusé les fournisseur d'accès à Internet de pousser à l'utilisation du pair-à-pair à cause de leur course au débit et de publicités qui vantaient les possibilités de téléchargement de musique et vidéos avant même la création d’offres légales en la matière afin d’attirer les clients. Au fil du temps, ces entreprises ont œuvré, procès après procès pour condamner cette activité. Du fait de la pression exercée par ceux-ci, on remarque qu’aucun des systèmes pair-a-pair ne perdure, excepté ceux basés sur des protocoles ouverts.

 

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